Vin bio : un ralentissement de la progression qui s’explique

Vin bio : un ralentissement de la progression qui s’explique

Le vin bio va-t-il mal ? Non, au contraire. Il fallait d’entrée remettre les choses au clair. S’il est vrai que la progression des vignobles bio est moins forte ces dernières années, il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour ce secteur. En effet, les surfaces viticoles continuent leur conversion vers le bio et on ne remarque aucun cas de déconversion, c’est-à-dire de retour en arrière. Seulement il faut être patient, et nous sommes dans l’après boom. Pour mieux comprendre la situation actuelle de ce secteur, voici quelques explications.

L’après boom

Le boom du vignoble bio a eu lieu en 2010 et 2011. Ces deux années-là, de nombreux viticulteurs se sont reconvertis au vin bio. Pour la plupart d’entre eux, il s’agissait de viticulteurs déjà séduits par le bio et qui attendaient le bon moment pour se lancer.

Il est donc normal que durant ces années, la superficie de terres viticoles reconverties dans le bio ait été très importante. Une fois l’effet passé, la progression est forcément plus lente et le nombre de reconversions moins important qu’en 2010 et 2011. L’important est que la progression soit toujours là et c’est ce que l’on constate. Chaque année, de nouveaux viticulteurs franchissent le pas.

Il faut s’armer de patience, car on ne passe de quelques viticulteurs bio à une très grande majorité de viticulteurs bio du jour au lendemain. La première vague concernait les personnes attirées par le bio, maintenant il faut convertir celles qui hésitent encore, ensuite il faudra convaincre les dernières qui pour le moment ne veulent pas entendre parler du bio.

Une reconversion qui nécessite une modification des techniques

Passer d’un vignoble classique à un vignoble bio nécessite de revoir la culture des vignes et la production du vin. Ce changement ne se fait pas d’un claquement de doigts. Il faut apprendre les techniques permettant d’obtenir du vin bio avant de se lancer. Sinon, le viticulteur risque de gâcher une récolte, voire plus, et d’avoir un rendement nettement plus faible.

De la même manière, il ne faut pas non plus négliger l’aspect économique de cette reconversion. Les viticulteurs ne veulent pas que leur vin perde en valeur. Aussi, il faut que des coopératives puissent les soutenir. Il est important que les viticulteurs qui souhaitent franchir le pas puissent être accompagnés. Sinon, ils risquent de se décourager et de faire marche arrière.

Tout cela prend donc plus de temps à mettre en place ce qui explique aussi pourquoi la progression est plus lente.

Une consommation du bio qui continue de croître

Les consommateurs ont également une influence sur cette progression des vignobles bio. Plus les vins bio vont se vendre et plus les viticulteurs seront incités à se convertir. D’ailleurs, les nouveaux viticulteurs qui s’installent, la plupart le font directement en intégrant des installations bio.

Aujourd’hui, le nombre de consommateurs bio augmente et pas uniquement pour le vin, mais pour tous les produits agricoles. Les Français veulent de plus en plus des produits de qualités et sans danger pour leur santé. Cette prise de conscience devrait entrainer un nouveau pic du bio qui aura une répercussion positive sur le secteur du vin bio. Dans les prochaines années, on devrait donc assister à une nouvelle grande vague de conversion des viticulteurs. En plus pour un marché comme le vin où la qualité est très importante, on ne peut que prendre cette direction. Il faut juste être patient et laisser le temps à l’adaptation.


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