Les cantines bio : les sénateurs ont refusé la proposition de loi

Les cantines bio : les sénateurs ont refusé la proposition de loi

Un projet de loi proposé par la députée Europe Ecologie les Verts Brigitte Allain visait à ce que d’ici à 2020 les repas des cantines soient composés à 40 % de produits locaux et à 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Une idée qui va dans le sens d’une alimentation plus saine et plus responsable. Pourtant, cette proposition de loi n’a pas été validée par les sénateurs le mercredi 9 mars. Afin de soutenir cette décision, les sénateurs ont précisé que l’agriculture bio n’était pas assez développée pour atteindre ces 20 %. Cette affirmation ne convient pas aux acteurs du bio qui précisent que la France dispose déjà des ressources bio nécessaires. D’ailleurs, certaines communes ont déjà introduit des produits bio dans leur repas.

Des repas plus sains pour nos enfants

Une fois que l’on est adulte, on peut faire davantage de choix en notre âme et conscience. Par contre ce n’est pas le cas des enfants qui dépendent des choix des adultes. Voulons-nous que nos enfants apprennent à consommer plus sainement et de façon plus responsable, ou voulons-nous dès leur plus jeune âge les habituer à une nourriture de moins bonne qualité ?

En imposant un pourcentage de produits bio et de produits locaux dans nos cantines françaises, on proposerait ainsi des repas de meilleure qualité et on éduquerait nos enfants à comprendre dès leur plus jeune âge l’importance d’une alimentation équilibrée et plus écoresponsable. Il est donc dommage que ce projet de loi n’ait pas été validé, d’autant que d’ici à 2020, l’agriculture bio devrait continuer à croître.

Plus de 1 million d’hectares d’agriculture bio

Selon les sénateurs, le bio n’est pas suffisamment développé en France pour que ce projet de loi soit mis en place. Ainsi, le président du Sénat, Gérard Larcher, estime qu’il sera nécessaire d’importer des produits bio depuis l’étranger si on voulait respecter ce quota de 20 % dans les cantines.

Les représentants du bio réfutent cette affirmation. Au contraire, pour eux la France dispose déjà d’une agriculture suffisamment développée pour atteindre ces 20 %. Aujourd’hui, l’agriculture bio française représente environ 1,3 million d’hectares et ce chiffre ne cesse de croître ces dernières années. En 2015, 220 000 hectares de terres agricoles sont devenus bio. Les cantines représentent environ 3 milliards de repas par an. Selon des estimations, 400 000 hectares de terres bio seraient suffisants pour atteindre ce quota de 20 % de produits bio dans les cantines. Autrement dit, la France disposerait déjà des ressources suffisantes, sans être obligée d’importer depuis l’étranger.

Le bio déjà présent dans plusieurs villes

Heureusement, certaines municipalités n’attendent pas qu’une loi soit mise en place pour imposer une part de bio dans leurs cantines. Des villes comme Paris, Salon-de-Provence ou Bègles ont déjà un taux de 20 % de produits bio dans leurs cantines, et certaines font encore mieux comme c’est le cas pour Bordeaux ou Grenoble avec 30 % de produits bio. On pourrait citer bien d’autres villes qui ont adhéré à plus de produits locaux et bio dans leurs cantines. Cela prouve non seulement que plus de bio dans les cantines c’est possible, mais également que de plus en plus d’acteurs et d’élus locaux ont pris conscience de l’importance d’une alimentation plus responsable et plus naturelle pour nos enfants.


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